Fat White Family
Blake mentait. La route de l’excès est jonchée de cadavres frémissants et ne mène qu’à une herse solidement verrouillée pour ces prolos grande gueule qui osent s’aventurer dans un dérèglement prolongé des sens. Mais n’ayez crainte : Fat White Family, le groupe que vous aimez détester, a pris d’assaut le palais, s’est emparé du trône et a atteint le niveau des arènes par la porte de service, sur invitation de The Strokes.
« On se serait cru à la fin de Das Boot », raconte aujourd’hui Lias. « Après toute cette lutte, cette souffrance et cet épuisement, nous étions persuadés d’être abandonnés comme une mauvaise habitude et relégués aux poubelles de l’histoire, malgré notre évidente suprématie esthétique, et malgré le fait que nous avions inspiré d’innombrables gamins à se mettre à la musique et à y réinjecter un peu de putain de menace pour la première fois depuis des années. On aurait dit que tout ce qu’il nous resterait serait un assortiment de troubles mentaux et la misère. »
Après des années de carrière définies par l’effondrement de la masculinité, le mysticisme celtique, le chamanisme au rabais, la provocation, l’érotisme, la violence gratuite, la joie, l’empathie radicale, le narcissisme, les excès porcins, les défauts de personnalité et un goût prononcé pour les esthétiques aussi bien d’extrême gauche que d’extrême droite, ainsi que certaines des meilleures performances musicales que cette île fracturée ait jamais connues, le groupe né dans le sud de Londres revient, plus ou moins sobre et plus ou moins serein.
Les Fat Whites, toujours un groupe de drogue avec un problème de rock plutôt qu’un groupe de rock avec un problème de drogue, n’ont jamais considéré cela comme une carrière. Ce n’en est pas une. C’est bien plus que ça. C’est une lutte. C’est de la survie. Le potentiel s’est enfin concrétisé, les probabilités ont été déjouées, et la grandeur de Fat White Family ne peut plus être niée.
Fat White Family est de retour cette année avec une tournée européenne aux côtés de The Strokes ainsi que ses propres dates en tête d’affiche, une réédition anniversaire pour les 10 ans de Songs For Our Mothers, et un nouvel album attendu l’an prochain, coécrit avec Saul Adamczewski.