Julia Jacklin concert France, voir dates & bio | Radical Production
Book
or
Die !

Julia Jacklin

« Je veux aimer et être aimée, mais je veux aussi me sentir libre. La tension entre ces deux désirs est la question centrale de toute ma vie », confie Julia Jacklin. C’est aussi le thème qui traverse son quatrième album, The Gem.

Lorsque Julia Jacklin s’installe à Melbourne depuis Sydney en 2017, elle découvre un petit bar niché dans une ruelle de Collingwood, où les groupes de musique poussaient les tables sur le côté avant de s'installer dans un coin de la salle, à même le sol pour jouer. Elle ne connaît alors pas grand monde dans la ville, mais elle sait qu’elle veut en faire son foyer. Elle commence donc à fréquenter l’endroit, se forçant à sortir de sa zone de confort. Le pub porte un nom particulièrement approprié : The Gem.

Huit ans plus tard, après trois albums solo unanimement salués, « Don’t Let the Kids Win » (2016), « Crushing » (2019) et « PRE PLEASURE » (2022), Julia Jacklin s’apprête ensivage d'enregistrer un quatrième. Après des années passées sur les routes, elle vient de terminer son contrat avec son label et cherche un nouveau manager. « Pour la première fois depuis mes débuts, je me suis retrouvée avec une longue période sans aucune attente de l’industrie et sans personne pour me demander ce que je faisais », se souvient-elle. « C’était à la fois libérateur et effrayant. » Cette fois-ci, Jacklin veut faire les choses en conscience. Elle veut se faire confiance. Et elle veut enregistrer son disque chez elle, à Melbourne, ce qu’elle n’avait encore jamais fait.

Elle appelle alors son vieil ami de comptoir Robert Muinos, propriétaire du studio Rat Shack, installé juste au-dessus de son pub favori. Pour les sessions de The Gem, elle s’entoure également de ses amis de longue date Jacob Diamond à la guitare, Mimi Gilbert à la basse et Jess Elwood (Alex Lahey, Angie McMahon) à la batterie. Elle pense pouvoir enregistrer ce nouvel album en deux semaines, comme elle l’a toujours fait. Mais les choses ne se passeront pas ainsi.

« The Gem est devenu une métaphore de tout le processus, parce qu’une grande partie du travail ressemblait à une fouille. J’avais l’impression d’avancer presque dans le noir, en faisant confiance au fait que je finirais par trouver quelque chose », explique Jacklin à propos de cet album qui évoque l’excavation, la réinvention, la confiance en ses instincts et l’importance de s’entourer des personnes et des choses qui donnent du sens à la vie. C’est un disque ample et lumineux qui documente le chemin de l’autrice-compositrice vers elle-même.

« Je pensais avoir terminé l’album un an avant qu’il ne le soit réellement. Il était mixé. Il était masterisé. Nous avions organisé une soirée d’écoute. Nous avions célébré ça. Et deux jours plus tard, je me suis dit : ce n’est pas fini. J’ai réalisé que je n’avais pas encore guéri de certaines choses. J’essayais de prouver quelque chose. Je l’entendais dans la musique. Je faisais des choix en me disant : quelqu’un va aimer ça, non ? Sans être moi-même complètement convaincue. » Jacklin retrouve alors Muinos et, ensemble, ils passent onze mois supplémentaires à peaufiner le disque en studio jusqu’à parvenir à quelque chose qu’elle peut pleinement assumer. Certains morceaux, comme « Real Life » et « Brand New », qui ouvre l’album, ont été entièrement réinventés.

Cette ouverture électrisante fait figure de déclaration d’intention : une chanson qui parle de l’illusion selon laquelle il serait possible de laisser derrière soi son ancienne version. « I’m free, now let me be brand new », chante Jacklin sur les batteries compressées et jouées en live de Jess Elwood et les lignes de guitare country découpées de Jacob Diamond. On a l’impression que le morceau joue in utero : une musique de danse incarnée et tactile qui fait à la fois écho aux albums précédents de Jacklin et tend vers une forme de renaissance.

« Quand on arrive à ce stade de sa carrière, les gens se font une idée de ce que l’on est, du genre de musicienne que l’on est, des sujets dont on parle et de la manière dont on en parle. Et il devient très difficile de ne pas laisser cela influencer sa propre perception de soi. Ça peut devenir vraiment étrange : on se demande “Est-ce que Julia Jacklin ferait ça ?” Puis on se rappelle : “Attends... c’est moi, Julia Jacklin.” »

Porté par une section rythmique entraînante et des images de tables renversées, « God Sometimes » parle du choix de ne plus être simple passagère de sa propre vie, tandis que « If I Had the Hand of God » s’interroge sur la possibilité d’être à la fois musicienne en tournée et bonne personne. Sur « The Hardest Thing », Jacklin fait le deuil d’une relation. Soniquement, le morceau est immense : un abandon total.

L’enregistrement se déroule dans une grande promiscuité, dans d’anciennes chambres d’hôtel réaménagées au-dessus du pub, où les fuites sonores deviennent une contrainte aussi glorieuse qu’inévitable : les allées et venues vers le salon de coiffure et le tatoueur voisins, la musique des groupes et l’activité des cuisines en contrebas. Comme il s’agit d’un pub en activité situé dans un quartier résidentiel, l’équipe ne peut pas enregistrer tard dans la nuit de peur de déranger les voisins. Mais ces contraintes réservent aussi de belles surprises. Jacklin et son groupe donnent deux concerts non annoncés au rez-de-chaussée afin de tester les chansons avant leur enregistrement. « Et quand j’avais besoin d’une pause pendant les sessions, je descendais simplement regarder les groupes jouer », raconte-t-elle. « Il y avait quelque chose de merveilleusement cyclique là-dedans. »

« Get Away from Me (I Think I’ll Love You Soon) » est lumineux, ample et jubilatoire : un clin d’œil au jangle rock des années 1980 et à la scène de Melbourne dont elle est tombée amoureuse. À l’inverse, « Walk on Me » enfle progressivement pendant plus de six minutes, révélant Jacklin dans toute son ampleur. C’est un morceau hanté qui revient sur une relation dégradante : « Walk on me if you like », chante-t-elle, « Take off your shoes, turn off the light / Don’t want anyone else to see / What I let you do to me. »

Pour le morceau de clôture, « I Wish », Jacklin s’associe aux sœurs Elsie et Maggie Rigby du groupe The Maes. Cette berceuse est écrite pour la Julia plus jeune, un exercice qui, après quatre albums, est devenu une véritable tradition. On y retrouve des images de croissance saccadée, de changement, d’un oisillon prêt à quitter son nid, tandis que les trois voix s’entrelacent : « I got through, yeah I’ll be fine / Still I wish someone had been there at the time. »

Le groupe se fait tatouer un motif identique lors du dernier jour des sessions de The Gem : un petit cercle élégant représentant une opale, la pierre précieuse préférée de Jacklin. De façon tout à fait appropriée, c’est l’un des barmen du Gem qui réalise les tatouages. « J’avais vraiment le sentiment que nous avions accompli quelque chose de spécial ensemble. Et pour le groupe, il semblait important de marquer le coup. Je suis heureuse que nous portions tous ces petits gemmes avec nous. »

 

En savoir plus

Concerts

Dates à venir

27 févr. 2027

Dates passées

24 sept. 2024
Paris
Scala
Solo / Première partie : Maví Lou
13 nov. 2022
PARIS
Café de la Danse
Première partie : Erin Rae
22 août 2019
07 juil. 2019
05 juil. 2019
SIX-FOURS
Pointu Festival
05 avr. 2019
PARIS
Etoiles
02 nov. 2016
PARIS
POPUP!

Voir plus de dates